Ce jour de commémoration des soldats partis à la guerre pour défendre leur pays et soutenir les autres dans le besoin souligne de manière imposante le début de novembre, mois de forte dépression saisonnière pour plusieurs et de souvenirs douloureux pour d’autres. D’où l’idée de souligner leur bravoure, non seulement pendant leurs missions, mais à leur retour à la vie « normale » après des années de service à apprendre à co-habiter avec la mort et l’horreur.

Dans un récent article de La Presse, l’hôpital Sainte-Anne de Montréal et différents professionnels tracent un portrait difficile des jeunes vétérans de guerre. Le dossier révèle que chaque année au Québec, environ 1 500 militaires sont retirés des Forces armées canadiennes et qu’un quart de ceux-ci seulement réussiront à reprendre le court de leur vie d’avant sans trop de répercussions graves.

Depuis la guerre en terrain afghan entre 2001 et 2014, plusieurs jeunes militaires ont du prendre leur retraite à la suite de graves chocs post-traumatiques vécus en sol étranger. Peu d’entre-eux ont reçu l’aide nécessaire pour apprendre à vivre avec les conséquences omniprésentes de ce trouble.

« Quand tu es en état de choc post-traumatique, ton cerveau roule toujours. Tu entreprends plein de choses, mais tu ne termines rien. Tu dors mal. » 

JonathanThériault, ancien soldat, avoue avoir commencé à faire des cauchemars, à s’isoler de plus en plus des gens et à devenir la cible de crise de panique à son retour au pays. Il admet avoir pensé au suicide et avoir fait une tentative 3 ans après avoir été libéré de ses fonctions auprès des Forces armées. Il confie qu’ « [ il ] ne voyais plus de sorties » après les obstacles que la vie lui a envoyée à son retour.

Ça a aussi été le cas de Simon, il y a deux ans. Avec la vie qui allait trop vite, la perte des siens au combat, les cauchemars continuels et le manque d’adrénaline, la consommation a créé un fossé entre les belles choses de la vie qui l’entouraient et les émotions prenantes.

Avec le soutien quasi nul ou non-adapté aux vétérans et sans aucun service d’aide prévu à l’effet des familles, des amis et du couple pour qu’ils puissent soutenir leur proche à travers les difficultés de leur nouveau quotidien, plusieurs se tournent vers le déni, la consommation abusive d’alcool et de drogues ou vers le suicide.

Les tourments de Simon auront malheureusement eu raison de lui quelques années après son retour de la guerre en Afghanistan.

Comme société, il devient impératif de se questionner sur les nouvelles réalités de la guerre, sur les conséquences du choc post-traumatique sur les combattants comme sur leur entourage et se positionner devant le suicide de nombreux d’entre-eux.

Aujourd’hui, je salue le courage et la détermination de ceux qui ont combattus au nom de mon pays et j’offre mes plus douces pensées aux personnes touchées de près ou de loin par le retour ou le décès d’un vétéran.

« L’avenir, je le vois beau. » 

À la mémoire de Simon et de la rémission de sa douce Angélique.

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