L’air de rien, ils se faufilent de plus en plus sournoisement parmi nos jeunes et leur transmettent un goût d’armetume face à la vie, vis-à-vis leurs amis et leur famille, puis bientôt face à leurs passions.

Le 8 novembre dernier avait lieu la journée nationale de lutte contre le harcèlement scolaire. Une journée plus que nécessaire pour souligner le fléau des agressions et de la cyberintimidation qui se déroulent en contexte scolaire, cet endroit où nos jeunes sont sensés évoluer socialement, s’éduquer et affirmer leur identité sous la supervision d’adultes responsables et sécurisants.  Pourtant, seulement 25% des étudiants affirment qu’ils ont reçu le soutien d’un enseignant à la suite d’une confession (contre la croyance des adultes qui s’élève quant à elle à 71%).  Pas surprenant après d’apprendre que près de la moitié des élèves ne signalent pas leur agression au personnel de leur école.

Une étude a aussi fait la démonstration que dans plus de 80% des cas d’intimidation en milieu scolaire, les violences avaient lieu en présence de témoins.

En 2010, à Toronto, d’autres chercheurs se sont plutôt penchés sur la question de l’intimidation sur les réseaux sociaux et ils ont affirmé que 49.5% des élèves avaient déjà vécus de l’intimidation en ligne.   Sans grande surprise, ce sont les filles qui sont les plus à risque de subir ces violences indirectes, alors que les garçons sont plus susceptibles d’être victime de violences physiques.  Bien naïfs de croire que le harcèlement scolaire demeure sur le terrain de l’école, les cadres ne semblent avoir mis aucune mesure en place pour mettre fin à la cyberintimidation qui se déroule néanmoins entre des élèves d’une même école, voire d’un même groupe classe.

Dans plusieurs pays, la charte des droits de la personne et le Code Pénal prévoit des sanctions pour ce type de comportements destructeurs. Alors à qui la lourde tâche de dénoncer et comment prévenir les récidives ?

J’ai donc mené ma propre enquête et ça aura pris que très peu de temps pour m’apercevoir que la cyberintimidation est partout autour de moi et surtout entre adultes. Il ne faut malheureusement pas observer bien loin pour s’en apercevoir. Rendez-vous dans le premier groupe d’échanges et de soutien de parents qui vous vient en tête et le bal est parti : vous avez l’embarras du choix ! Il ne suffit que de deux personnes qui n’aient pas le même point de vue pour que des adultes bien informés se permettent de balancer des jugements non-fondés et totalement gratuits à d’autres. Insensé, non ?

Au Canada, 7 % des internautes majeurs (18 ans et plus) ont avoué avoir déjà été victime de cyberintimidation à un moment ou l’autre de leur vie. Le Canada est d’ailleurs classé au neuvième rang de 35 pays en ce qui a trait à l’intimidation.

Portez attention également aux « leaders » du web, ces influenceurs de masse qui encouragent la haine envers une personne de son audience qui lui manqué de respect publiquement. Alors quoi ? On réplique aussi cruellement et sans conscience des conséquences que notre popularité peut causer sur sa vie personnelle et professionnelle ?

40 % des travailleurs canadiens sont la cibles chaque semaine d’intimidation de la part de leurs collègues et/ou de leurs supérieurs.

Puis les enfants dans tout ça ? On leur explique comment, si ce n’est pas par nos actions quotidiennes, qu’ils doivent se respecter mutuellement et qu’il est primordial de favoriser les commentaires positifs aux commentaires malveillants ?

Comme adultes, nous sommes actuellement à la source de ce combat et la première étape est d’être assez honnêtes pour le reconnaître.

Ça vaudrait bien une petite introspection !

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Sources :

D. Pepler et W. Craig. (2000). Making a difference in bullying (rapport no 60). Ontario, LaMarsh Centre for Research on Violence and Conflict Resolution et Université Queen’s.

M. Fekkes, F. I. M. Pijpers et S. P. Verloove-Vanhorick. (2005). Bullying: who does what, when and where? Involvement of children, teachers and parents in bullying behavior. Health Education Research. 20(1):81–91. Et Li, Q. (2007a). Bullying in the new playground: Research into cyberbullying and cyber victimization. Australian Journal of Educational Technology, vol. 23, p. 435‑454.

D. Pepler et W. Craig. (2000). Making a difference in bullying (rapport no 60). Ontario, LaMarsh Centre for Research on Violence and Conflict Resolution et Université Queen’s.

Faye Mishna et coll., « Cyber Bullying Behaviors Among Middle and High School Students », American Journal of Orthopsychiatry vol. 80, no 3 (2010), p. 362–374.

Wendy M. Craig et Heather McCuaig Edge. « L’intimidation et les bagarres », dans Des cadres sains pour les jeunes du Canada. W. Boyce, M. King et J. Roche (éditeurs). Ottawa, Ontario, Agence de la santé publique du Canada, 2008.