À force de lire et relire les mêmes questions concernant les « conséquences » à attribuer aux enfants pour tel ou tel autre geste indécent sur les nombreuses plateformes d’échanges entre parents, je me suis finalement décidée à vous éclairer sur le sujet.

Commençons d’abord par revoir la définition de base des termes « conséquence » et « punition » puisque je remarque qu’ils sont plus souvent qu’autrement confondus et utilisés dans le mauvais contexte.

Punition :

Selon le Larousse, une punition se résume à l’« action de punir, d’infliger un châtiment, une peine ; ce châtiment, cette peine […] infligée pour un manquement au règlement, en particulier à un élève, à un militaire »

Conséquence :

Toujours selon le dictionnaire francophone Larousse, la conséquence se défini comme « ce qui est produit nécessairement par quelque chose, qui en est une suite logique »

Mon explication pourrait s’arrêter ici et vous auriez presque toute l’information nécessaire pour poursuivre votre réflexion par vous-même concernant l’usage de la punition vis-à-vis vos enfants, voire vos élèves ou les enfants que vous avez à votre charge. Parce oui, l’enseignant ou l’éducatrice de votre enfant utilise (peut-être) encore la punition pour qu’un comportement inacceptable cesse rapidement.

Afin de concrétiser les concepts et de les rendre plus accessibles, je vous explique un peu plus.

La punition, comme on l’a vu dans sa définition, est utilisée la plupart du temps pour conditionner les enfants à ne plus reproduire un comportement indésirable. C’est le but ultime me direz-vous ? D’un sens, oui. On souhaite stopper l’agissement qui n’est pas aligné avec nos attentes et nos valeurs et rétablir l’équilibre.

Toutefois, la faille de la punition, c’est que l’intervention de l’adulte s’arrête ici. Ce que l’enfant en comprend, c’est qu’en reproduisant cette conduite, il sera possiblement victime de cris, de châtiments corporels ou psychologiques et couvert de culpabilité ou de honte selon l’âge et le développement de l’enfant et l’intensité de l’action ou du geste posé. Comme parents ou comme adultes significatifs, en choisissant la punition, vous ne faites qu’entretenir un climat malsain de peur et de refoulement chez l’enfant qui se transformera inévitablement en anxiété devant la nouveauté et le besoin de performance.

De plus, la punition, contrairement à la conséquence, ne propose pas de manières plus acceptables pour remplacer l’action qui n’est pas permise. L’enfant comprend alors ce qui n’est pas permis, mais à l’inverse, ne sait pas ce qui l’est.

La conséquence, quant à elle, prône l’expérimentation des différentes attitudes et réactions acceptables ou non chez l’enfant. Puisque les petits sont automatiquement redirigé vers une manière plus adéquate d’agir, à l’aide d’une conséquence naturelle, ils sont à même de faire un apprentissage concret pour créer un nouveau schème dans leur jeune cerveau. Alors, lorsqu’ils seront confrontés de nouveau à une situation similaire, ils auront une référence bien précise à laquelle se référer.

Tout ça c’est bien beau par écrit, mais comment faire pour déterminer si on utilise la punition ou la conséquence comme approche parentale ou professionnelle et savoir quoi mettre en application afin de prioriser la conséquence comme méthode éducative ?

D’abord posez-vous cette question : Est-ce que mon intervention est en lien direct avec le geste posé ? Si ce n’est pas le cas, il s’agit d’une punition.

Ensuite, demandez-vous quelle est votre attente, le résultat final souhaité. Quel comportement serait préférable ? C’est ce que vous devez faire reproduire à votre enfant. Et il s’agit généralement de la conséquence elle-même si vous avez bien ciblé une action directe et qui « est une suite logique » à la situation.

Si on pousse un peu plus loin la définition de conséquence, vous y trouverez deux types d’application, soit positive ou négative. Attention, la conséquence dite négative n’est pas punitive. Elle signifie simplement qu’on retire quelque chose dans le but de récompenser, d’alléger. Je m’explique.

Votre enfant a rangé ses bottes et suspendu son manteau au retour de l’école.

Un conséquence positive (ajout) pourrait être, par exemple, de lui accorder plus de temps en votre présence puisqu’il vous a fait économiser du temps en réalisant sa tâche. Une conséquence négative (retrait) pourrait être de défaire sa boite à lunch à sa place ou lui permettre de la défaire plus tard en reconnaissance à son aide. Le retrait de cette tâche ou la permission spéciale de la repousser vient récompenser un bon comportement et alléger les tâches habituelles.

Dans le cas où votre enfant n’aurait pas rangé ses bottes ni suspendu son manteau au retour de l’école, les deux types de conséquences sont toujours possibles.

La conséquence positive (ajout) pourrait être de devoir ranger ses propres effets, mais également ceux de sa petite soeur lorsqu’elle rentrera de la garderie avec papa. La conséquence négative (retrait) pourrait alors être la diminution de son autonomie en demeurant à ses côtés jusqu’à ce que ce soit fait, avant de poursuivre la routine vers quelque chose de plus agréable.

Saisissez-vous la différence ?

La punition, elle, aurait pu ressembler à perdre du temps de jeu, à se voir perdre un autocollant sur son tableau de renforcement positif, à ne pas avoir accès à la récompense de la fin de semaine, à devoir prendre son bain plus tôt ou se coucher avant l’heure habituelle, etc. Toute action n’étant pas logiquement liée (pas en lien) à l’attente de l’adulte.

Ceci dit, la conséquence est la meilleure option pour entretenir une dynamique positive pour le développement de l’enfant et rendre l’apprentissage beaucoup plus agréable.

Maintenant, je vous laisse cogiter !

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