Comme parents, vous souvenez-vous de votre réaction à l’annonce du diagnostic de votre enfant ?

Maintenant, spontanément, vous rappelez-vous avoir pensé un court instant à la lourdeur ou aux changements importants que cette difficulté supplémentaire, cette maladie ou ce handicap pourrait avoir comme impact sur votre vie à long terme ? Vous, comme individu, comme couple, comme parent et comme famille. 

Je formule ma pensée de manière interrogative et en écrivant, je me rends compte que, sans vous manquer de respect, elle devrait être affirmative. À la suite d’articles que j’ai lu dernièrement, je me rends à l’évidence que c’est une pensée qui traverse inévitablement l’esprit d’un parent, inconsciemment. 

La réponse humble et tout à fait « normale » à ma question, c’est oui. Seulement oui. Sans excuses, sans justifications. Le nouveau diagnostic de votre enfant va modifier votre vie et vous avez le « droit » de vous inquiéter de votre avenir à vous aussi. Et ça ne fera pas de vous un moins bon parent, je vous l’assure. 

Il y a un article en particulier qui m’a marqué. Celui d’une maman qui décrivait le choc qu’elle avait vécu en apprenant le diagnostic officiel de son enfant : atteinte langagière de niveau modéré à sévère. Au fil des lignes qui défilaient sous mes yeux, et du choix des mots sélectionnés par son auteure, je ressentais la détresse, la gêne, la peur de l’humiliation et la nervosité à l’idée d’avoir un enfant qui porte une étiquette et de devoir faire face aux jugements des autres.

Et puis, toutes les inquiétudes et les attentes « naturelles » d’un parent se sont soudainement retournées vers l’enfant. 

« Vous savez, mon petit homme, je l’ai tellement voulu et je l’aime tellement! Je voudrais que tout soit parfait! […] c’est difficile de penser qu’il pourrait être différent et même se retrouver en classe spéciale… En fait, j’ai peur du jugement des autres, peur de ce que sa vie pourrait avoir l’air s’il ne parlait pas adéquatement, peur qu’il se fasse écœurer… »

(Extrait tiré du texte : Comment accepter un diagnostic pour son enfant ? 18 février 2018)

Malheureusement, et vous le savez, l’amour n’a rien a y voir.

Et si vous n’aviez tout simplement pas la bonne façon de percevoir la situation ou le bon angle d’approche ?

Si dès le départ, dès votre envie de fonder une famille, vous aviez eu trop d’attentes pour que tout soit « parfait » ? Pensez y un seul instant. Si aucune attente n’était fixée pour cet enfant, y aurait-il une déception à vivre à la suite d’un diagnostic ? Parce que comme humain, la plus belle force qu’on puisse avoir, c’est l’adaptation, notre capacité de résilience. 

Si, qu’importe le défi qui se présentait à votre enfant, vous étiez plutôt confiant d’être la meilleure personne pour l’encadrer et lui fournir les ressources nécessaires pour qu’il se développe à sa manière et à son rythme, auriez-vous aussi peur des comparaisons ?

Si vous étiez seulement satisfait des « nouveaux mots qu’il dit, [et de] son enthousiasme à le faire » sans espérer plus. La communication, elle est verbale, signée, écrite et à 95% du temps, non-verbale. C’est une bonne nouvelle, non ? Ce que ça signifie, c’est que votre enfant réussira à se faire comprendre et à developper ses propres habiletés pour faciliter ses apprentissages et ses discussions. Point. 

La communication, elle est verbale, signée, écrite et à 95% du temps, non-verbale. 

Si à la place d’y voir des difficultés pour vous et votre enfant, vous essayiez plutôt d’y voir une différence, tout simplement. Une occasion de se démarquer et de s’adapter. 

Et si vous pouviez voir la réalité à travers les yeux de votre enfant, y verriez-vous vraiment autant d’inquiétudes et d’obstacles ?

Cessez d’avoir autant d’attentes envers vos enfants, ils seront obstinés, feront à leur tête et vivront leurs propres succès, petits ou grands. Mais ils en vivront tous, certes.

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